Archive for avril, 2007

30 avr 2007

Mardi 1er mai : clôture du cycle Ozu

No Comments Yasujiro Ozu

« Le Goût du saké » clôturera le cycle Ozu.

Avis 3.00 sur 5
[?]
29 avr 2007

24 avril : « Dernier caprice »

No Comments Yasujiro Ozu

(Kohayagawa-Ke no Aki) L’automne de la famille Kohayagawa


Film de Yasujiro Ozu – Japon – 1961
Scénario : Yasujiro Ozu, Tadao Ikeda, Takao Yanai

Réalisateur et scénariste : Yasujiro Ozu
Scénariste : Kôgo Noda
Compositeur : Toshirô Mayuzumi
Directeur de la photographie : Asakazu Nakai
Monteur : Koichi Iwashita
Société de production : Toho Company Ltd
Interprétation : Ganjiro Nakamura (Kohayagawa Banpei), Setsuko Hara (Akiko), Yoko Tsukasa (Noriko), Michiyo Aratama (Fumiko), Keiju Kobayashi (Hisao), Masahiko Shimazu (Masao), Hisaya Morishige (Isomura Eiichirou), Chieko Naniwa (Sasaki Tsune), Reiko Dan (Yuriko), Haruko Sugimura (Katou Shige), Daisuke Katô (Kitagawa Yanosuke), Haruko Togo (Kitagawa Teruko), …


Synopsis
La famille Kohayagawa se prépare à marier la plus jeune fille Noriko et à remarier Akiko. le vieux patriarche Manbei se comporte pourtant bizarrement : il rend visite à son ancienne maîtresse, Tsune ; attitude que sa fille Fumiko lui reproche. Victime d’une attaque, Manbei retrouve pourtant la santé et sa fille renonce à le juger…



Critique par Francesco Capurro
www.iletaitunefoislecinema.com

Réalisé par Ozu vers la fin de sa carrière, Dernier caprice porte en transparence le signe d’une nostalgie latente qui entoure les personnages d’un voile de tristesse. Le temps passe, et le cinéaste s’aperçoit peut-être que sa fin approche. Avec elle, c’est un Japon tout entier qui semble peu à peu devoir être remplacé par une modernité brillante mais obscure, comme les panneaux lumineux qui scintillent dans la nuit au début du film, sur un desquels on lit distinctement : « New Japan ». Ils sont là pour éclairer une vie nocturne faite de bars et de whisky. Un monde qui existe, mais le cinéaste décide vite de le laisser de côté pour aller chercher dans les maisons traditionnelles ce qu’il reste du Japon qu’il connaissait.

Là, il y trouve un vieil homme, Manbei Kohayagawa, le protagoniste du film, qui veut profiter encore du temps qui reste à sa vie, sur le point de se terminer. Le progrès le harcèle, la brasserie à saké dont il est propriétaire risque d’être rachetée par de gros capitalistes, mais il n’a plus envie de résister, de s’en occuper, il s’en échappe dès que possible pour aller rencontrer une femme qu’il avait aimée et qui est revenue à Kyoto ; le dernier caprice qui lui est concédé.

Ozu se sert de ses errements pour nous promener dans le complexe tissu social d’un Japon qui se transforme, en créant des situations limitées où présent et passé se mélangent, se rencontrent, se mêlent comme le font la tristesse et le sourire sur les visages de ses personnages. Mais Ozu sait bien que ce n’est pas possible de fuir le temps qui passe, et le vieux semble constamment rattrapé par le présent, tout en voulant s’enfuir dans son passé. Dans la maison de son amoureuse vit Yuriko, une jeune fille dont il pourrait être le père, qui rêve d’un avenir à l’occidentale. Elle sort avec les Américains, que l’on voit (fait étrange) dans leurs costumes franchir la porte pour la chercher. Peu soucieuse des questions qui regardent la vraie identité de son père, elle cherche seulement à se faire donner un vison qu’elle porterait avec ses robes « modernes » et ses talons.

La famille du vieil homme ne reste pas en aparté : tous essayent de le poursuivre ou de le rattraper. La fille, soucieuse pour sa santé et celle de l’entreprise que son père abandonne trop fréquemment, ne l’épargne pas de réprimandes. Le ton apparemment léger du film est pourtant souvent tâché de préoccupations et d’inquiétudes que les personnages expriment à travers leurs gestes et leurs dialogues. Ces sensations semblent se concrétiser et trouver une sorte d’aboutissement dans l’infarctus du protagoniste. A partir de ce moment, la mélancolie et la conscience de la fragilité de la vie de cet homme prennent le dessus, et lui seul semble vouloir à tout prix y résister. Mais la mort, inévitable, arrive. Silencieuse, hermétique à toute tendance au pathos, elle regagne sa place dans le déroulement des choses. Elle n’est qu’un fait parmi d’autres, qui n’empêche à Yuriko de sortir avec Harry, son nouvel ami américain, regrettant un peu de n’avoir pas eu à temps son étole de vison.

On entre ainsi, à travers un plan sur le cadavre, correctement allongé sur un tatami, dans la dernière partie du film, sûrement la plus étonnante, où Ozu donne au récit un lyrisme auquel on est peu habitué dans ses films. Le jour suivant, autour de la tour du crématoire, dans un décor rural, complètement opposé à celui qui ouvre Dernier Caprice, le Japon traditionnel attend la fumée blanche. Les femmes vêtues en costume traditionnel, à l’arrière plan du cimetière, ralentissent le pas et s’assoient pour donner au film un temps de pause.

Les signes de nostalgie prennent finalement les traits des corbeaux en attente sur les tombes. Un homme et une femme modestes, au bord d’une rivière, commentent la scène tel le choeur d’une tragédie grecque : « Les vieux meurent, les jeunes les remplacent. Le monde est ainsi fait. » Dans la sagesse de leurs mots, on retrouve l’attitude du cinéaste vis-à-vis du monde. Il nous force à voir que la vie, dans tous ses aspects, continue : les hommes s’inquiètent de l’avenir de la brasserie pendant que les femmes pensent à leurs futurs mariages. Ozu prend ses distances, observe la mort sans surenchères dramatiques, sans pourtant jamais céder au cynisme : le vieux, à l’image du Japon d’un temps était peut-être vieux, égoïste, avare et insoucieux, mais difficile de retenir ses larmes : pour lui c’est la fin, déjà la fin.

www.iletaitunefoislecinema.com

Avis 3.00 sur 5
[?]
03 avr 2007

Mardi 3 avril : « Fin d’automne »

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Film de Yasujiro Ozu de 1960.

Avis 3.00 sur 5
[?]
01 avr 2007

L’Ozu du 3 avril

No Comments Yasujiro Ozu

Ceux qui pourront venir au cinéma de la Gare malgré les coups de soleil attrapés à la brocante

sont conviés mardi à voir Fin d’automne, un Ozu de 1960.

Rappel : le ciné est suspendu pendant les vacances scolaires pour permettre aux enseignants de cesser d’enseigner et de souffler loin de nos banlieues moroses quoiqu’ensoleillées.

Cette année les vacances scolaires dites de Pâques commencent à la Pâques chrétienne, le dimanche 8 avril.

(Il n’est pas interdit de proposer des séances sauvages les mardis soirs non scolaires, voire d’aller se faire une toile sur d’autres écrans que celui de la Gare.)

Après les vacances, nous aurons doit au Dernier caprice (1961) le mardi 24 avril.

Ensuite il nous faudra délibérer en assemblée générale pour savoir quand projeter Le goût du saké (1962), dernier film d’Ozu. Le mardi suivant le 24 avril tombe le 1er mai, le suivant du suivant tombe le 8 mai, bref la traditionnelle démocratie participative du cinéma de la Gare devra faire ses preuves, comme d’hab.

Avis 3.00 sur 5
[?]